Les tatouages sont de plus en plus courants de nos jours. Malgré cela, les préjugés envers les personnes tatouées persistent. Heureusement, l’image stéréotypée disparaît peu à peu.
Aujourd’hui, presque tout le monde connaît quelqu’un avec un tatouage, petit ou grand. Personne ne s’étonne plus de voir une personne entièrement tatouée entrer dans une piscine ou un sauna.
Tant que vous gardez vos tatouages couverts au travail, cela ne pose généralement pas de problème. Au Japon, cependant, la situation est très différente.

Les restrictions des tatouages au Japon
Peu de gens réalisent qu’en partant en vacances au Japon, ils peuvent être traités très différemment simplement à cause de leurs tatouages. En effet, il n’est pas rare qu’un tatouage, même minuscule, vous interdise l’accès à un onsen ou à une piscine publique.
Les gymnases peuvent également refuser l’accès si vous en avez un, même s’il est à peine visible.
En résumé, les tatouages au Japon sont souvent mal acceptés. Mais d’où vient cette attitude ? Et pourquoi l’art du tatouage japonais est-il si renommé dans le monde entier alors qu’il semble presque interdit dans son propre pays ?
Le tatouage japon et leur association criminelle
L’une des principales raisons de l’aversion des Japonais pour les tatouages est leur association avec la mafia japonaise, les Yakuza. Cependant, cette aversion ne se limite pas à cela.
Le tatouage au Japon possède une histoire longue et mouvementée. Des écrits chinois datant de plusieurs siècles avant Jésus-Christ mentionnent des villages japonais où les habitants, principalement des hommes, arboraient des tatouages impressionnants sur le visage et les bras.
Cependant, ces parures corporelles semblent avoir disparu des récits historiques pendant une longue période.
Les tatouages réapparaissent dans les écrits du XVIIe siècle, mais cette fois comme une marque pour identifier les criminels. Ils servaient à marquer à vie la honte des criminels, souvent avec le kanji pour chien « 犬 » tatoué sur le front.

Au XVIIIe siècle, la situation change radicalement. Les tatouages deviennent alors une mode, principalement adoptée par les classes inférieures pour défier l’ordre établi et affirmer leur identité sans avoir recours à des kimonos coûteux ou à des pierres précieuses.
Ainsi, bien que les tatouages japonais soient aujourd’hui mondialement célèbres pour leur art, le Japon conserve une méfiance historique qui en limite encore l’acceptation sociale.
Les tatouages au Japon comme symboles de richesse et de spiritualité
En raison de la popularité croissante des tatouages, ceux-ci ont progressivement gagné les classes supérieures, notamment les riches commerçants.
Pour ces derniers, exhiber leur richesse par des vêtements ou des accessoires coûteux n’était pas toujours approprié. Ils optaient donc souvent pour des tatouages complexes et étendus, montrant ainsi leur aisance financière de manière plus discrète.
Cependant, les tatouages n’étaient pas exclusifs à cette classe. Par exemple, il n’était pas rare que des moines bouddhistes se fassent tatouer des textes sacrés.

De plus, dans ce qui est aujourd’hui Okinawa, les femmes se tatouaient les mains pour éloigner les mauvais esprits et en signe de féminité. Un rituel similaire était pratiqué par les femmes Aïnous à Hokkaido, où elles se tatouaient en noir autour de la bouche.
L’évolution de l’interdiction des tatouages au Japon
La stigmatisation criminelle entourant les tatouages était en grande partie absente avant le XIXe siècle. Ce n’est qu’après que le Japon s’est de nouveau ouvert aux étrangers que le gouvernement a interdit les tatouages, les considérant comme une coutume barbare pouvant dissuader les visiteurs étrangers.
Ils ne correspondaient plus à l’image d’un Japon moderne et devaient disparaître.
Cette interdiction a en fait renforcé la stigmatisation. Parce que les tatouages étaient interdits, ils sont devenus plus attrayants pour certains, notamment les Yakuza.
Endurer la douleur du tatouage était non seulement une preuve de courage, mais cela représentait aussi un défi à l’ordre établi, une manière de montrer sa rébellion contre la loi.
Finalement, l’interdiction des tatouages fut levée après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, le mal était déjà fait : les tatouages n’étaient plus considérés comme appropriés au Japon et étaient associés aux rebuts de la société et aux criminels.
Au-delà de l’aspect criminel, une partie de l’aversion pour les tatouages réside aussi dans la spiritualité japonaise.
Au fil des années, cette spiritualité a conduit à l’idée que se faire tatouer est un signe de manque de respect pour ses parents et la nature, qui vous ont donné votre corps.
Pour cette raison, les boucles d’oreilles et les piercings sont également rares au Japon.
Cette image est encore très présente aujourd’hui. Pour de nombreux Japonais, les tatouages restent inexorablement liés aux « classes inférieures » et aux criminels.
Bien que les jeunes soient un peu plus ouverts, il existe encore beaucoup de préjugés à l’égard des personnes tatouées. Cependant, il y a des exceptions.
La perception nuancée des tatouages
Il est important de ne pas trop généraliser, car il y a de nombreuses personnes au Japon avec de beaux tatouages, et non, elles ne sont pas toutes membres des Yakuza.
Bien qu’il y ait certainement des individus tatoués liés à des organisations criminelles, beaucoup se font tatouer simplement par amour de cet art. On observe cette tendance croissante surtout dans les grandes villes comme Tokyo.
Le Japon présente un mélange complexe de contradictions autour des tatouages. Cependant, la société semble de plus en plus prête à les accepter.
C’est une période de turbulences pour les tatoueurs et les tatoués au Japon, et la bataille pour l’acceptation est loin d’être terminée.

Ayant vécu 10 ans au Japon, je vous partage tous mes conseils et astuces pour que votre voyage au Japon soit inoubliable ! Grâce à Kawaiicafe, je vais vous transmettre toutes mes connaissances sur la culture japonaise .
